Matthieu Napoli
G47

En mars 2005, 1200 experts mondiaux se réunissent dans le G.I.E.C. (groupe mandaté par les Nations Unies) afin de dresser un bilan sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Ce dernier, reconnu indépendant des cycles naturels de variation de température, s'est traduit par un réchauffement moyen de la planète de 0,6°C depuis 1850 (début de la révolution industrielle). Le groupe du GIEC a prévu une augmentation de 2 à 6°C de la température moyenne mondiale.
Courbes de la concentration de CO2 dans l'atmosphère (en bleu) et de la température moyenne globale (en rouge)
Les diverses conséquences de ce réchauffement sont l'augmentation de 18 à 59cm du niveau de la mer, une augmentation de la fréquence de certains phénomènes météorologiques extrèmes comme les cyclones, l'augmentation du nombre de victimes d'inondations de deux à sept millions de personnes chaque année ou encore l'arrêt de certains courants marins verticaux. Au delà de 1,5 à 2,5 degrés d'augmentation, 20% à 30% des espèces végétales et animales risques de disparaître. De plus, du fait de la fonte des glaciers au pôle Nord, cela aurait pour effet de stopper le courant d'eau chaude venant du Sud : le Gulf Stream. L'Europe, se situant à la même latitude que le Québec, ne pourrait plus alors profiter de l'apport thermique de ce courant et se retrouverait alors à l'ère glaciaire.
Le GIEC a également estimé qu'en 2080, la sécheresse, la dégradation et la salinisation des sols conduiront 3,2 milliards d'hommes à manquer d'eau et 600 millions à souffrir de la faim. D'ici 2010, on estime à 50 millions le nombre de réfugiés climatiques.
Bien que le réchauffement climatique soit le problème écologique le plus populaire aujourd'hui, il ne faut cependant pas négliger celui de l'épuisement des ressources naturelles qui pourrait devenir dans le futur la limite majeure de notre société. On peut reconnaître deux types de ressources : les ressources fossiles (celles qui ne se renouvellent pas, ou à un rythme négligeable) et celles renouvellables. Aujourd'hui, on peut établir des estimations des réserves des ressources fossiles afin de prévoir à quel moment elles risquent de manquer. Des experts estiment donc les réserves de pétroles pour environ 40 ans, de gaz pour 70 ans, d'uranium pour 50 à 80 ans, de charbon pour 100 à 300 ans, d'aluminium pour 150 ans, d'argent pour 14 ans ou encore de plomb et de zinc pour une vingtaine d'années. Ces chiffres parlent d'eux mêmes, d'autant plus qu'il faut prendre en considération qu'une fois les ressources de pétroles épuisées ou inexploitables car devenues trop cher, on se tournera vers d'autres ressources que l'on consommera donc à un rythme plus élevé qu'elle ne le sont aujourd'hui. Cela ne peut donc que réduire ces estimations.
En ce qui concerne les ressources renouvellables, on peut malheureusement constater que certaines d'entre elles subissent le même sort. L'exemple le plus important est l'eau douce, avec comme illustration une estimation du GIEC : 2/3 de la population mondiale subira les effets négatifs de pénuries d'eau d'ici l'an 2025. On peut également rappeler cette étude parue dans la revue américaine Science il y a quelques mois qui prévoit une disparition quasi-totale des espèces de poissons et de crustacés de « consommation courante » d'ici 40 ans si les niveaux de pollution et de pêche restent inchangés. Et il en est hélas de même pour de nombreuses autres espèces animales et végétales (faisant partie de notre alimentation ou non), promises à disparaître dans quelques années. Pourquoi les ressources renouvellables s'épuisent-elles ? Tout simplement car l'homme les sur-exploite : une ressource est renouvellable si sa consommation par l'homme est inférieure à sa production naturelle. Or aujourd'hui par exemple on pèche beaucoup plus de poissons qu'ils ne peuvent se reproduire. Au final, les ressources renouvellables que l'on surexploite se comportent comme des ressources fossiles et finissent par s'épuiser.
Et bien qu'on puisse redouter de manquer d'eau ou même de poissons dans nos assiettes, la portée de ces phénomènes est globale : si on enlève un maillon de la chaîne de l'écosystème, c'est toute la biodiversité animale et végétale de la planète qui risque d'en souffrir. On peut donc s'attendre à une disparition massive d'espèces et une rarification globale des ressources.
Les progrès techniques les plus médiatisés et les plus populaires aujourd'hui concernent principalement le « rendement » des machines ou appareils. Le rendement définit la part d'énergie produite sur l'énergie consommée. Ce terme est bien plus courant qu'on ne le pense, et on le retrouve par exemple dans les nouvelles voitures qui consomment moins, polluent moins, les nouvelles générations de centrales nucléaires qui produisent plus d'électricité à partir de moins d'uranium, les fenêtres double ou triple vitrage qui conservent mieux la chaleur, les ampoules basses consommation etc... Cette notion de progrès n'induit pas d'invention ou de création mais simplement une amélioration de ce qui existe. Ces améliorations techniques, bien que non-fondamentales, sont pourtant essentielles et non négligeables : imaginons par exemple qu'à terme les moteurs à essence voient leur rendement passer de 40 à 99%, la consommation et la pollution seraient alors divisés par 2 sans changer quoi que ce soit sur le comportement des automobilistes. De manière générale, cela pourrait permettre d'éviter tout gaspillage inutile de ressources et donc de diminuer la consommation et la pollution inutile sans changer le train de vie des hommes. De plus, les systèmes basés sur les énergies renouvellables deviendraient extremement attractifs : les panneaux solaires ou les éoliennes seraient rentabilisés en 5 fois moins de temps qu'aujourd'hui, leurs prix pourraient baisser et devenir beaucoup plus accessibles.
Concernant problème de l'épuisement de certaines ressources, la solution la plus évidente est bien entendu d'utiliser des alternatives : « quand on n'aura plus de pétrole, on trouvera autre chose pour le remplacer. ». Qui n'a jamais entendu cette phrase ? Et effectivement, c'est une solution. On entend aujourd'hui parler des moteurs fonctionnant au colza, à l'eau, à l'hydrogène (les piles à combustible) ou autres matières diverses. Rien que pour l'exemple du moteur à combustion, il fonctionne grâce à une réaction chimique auquel on pourrait trouver une ribambelle de réactifs différents.
Cependant, de tous les progrès techniques possibles et imaginables, celui ayant le plus grand avenir est probablement celui de la maîtrise de la fusion nucléaire. Cette
réaction nucléaire, la même que celle qui se passe à l'intérieur du soleil, nécessite des isotopes de l'hydrogène – disponibles en quantité quasi-infinie sur Terre – et produit des déchets très
peu polluants. En résumé, il s'agirait de la source d'énergie « ultime » car infinie et non polluante. Le seul bémol qu'il faut y apporter concerne les conditions de réaction : les
énergies nécessaires à la fusion sont très élevées, correspondant à des températures de plusieurs dizaines ou même centaines de millions de degrés selon la nature des noyaux.
C'est de cette limitation qu'est né le rêve de la « fusion froide ». Ce terme désigne tout simplement un phénomène de réaction de fusion se réalisant à pression et température ambiante. Certaines études très controversées et jamais reproduites auraient, selon leurs auteurs, permies de réaliser à faible échelle cette réaction. Jamais reconnu, mais constituant l'ambition et l'espoir de nombreux scientifiques, ce phénomène pourrait devenir la source d'énergie parfaite. Toutefois, si cette possibilité ne s'averrait être qu'un mirage, l'espoir porté sur la fusion nucléaire « classique » reste solide et fondé.
La première des limitations de l'impact des progrès techniques est bien entendu l'aspect économique du problème. La nécessité pour qu'une amélioration, une invention, une machine ou un système soit utilisé est bien entendu d'avoir un intérêt commercial. L'exemple parfait est la voiture : pourquoi est-il si dur de rouler en voiture électrique ? L'offre est tellement négligeable par rapport aux voitures essences, les performances sont faibles (autonomie limitée, vitesse maximum moins élevée...), et comment recharger sa voiture ailleurs que chez soi ? Autant de problèmes dont on trouve une partie d'explication dans le lobby pratiqué par les grandes compagnies petrolières. Elles n'ont aucunement intérêt à voir leur part de consommateurs de pétrole diminuer, on comprend donc qu'elles fassent tout leur possible pour garder leur primauté sur le marché.
Dans la continuité de cette idée, on constate tous les efforts des gouvernement pour promouvoir tous les systèmes pouvant être bénéfiques à l'environnement en les éxonérant de taxe par exemple. Cela traduit bien la loi de la compétitivité commerciale et on imagine bien qu'il est difficile d'aider le développement de ces produits davantage, la marge de manoeuvre restant faible si l'ont reste dans une logique libéraliste et capitaliste, sans ingérence d'intérêts autres que l'économie dans le marché.
Par ailleurs, posons-nous une question simple : cela fait un certain temps que de nombreux progrès techniques en faveur l'environnement ont été fait, pourquoi la planète est-elle dans un tel état ? Il convient de dégager l'impact d'un phénomène « traître » : l'effet rebond. Ce dernier peut être défini comme « l'augmentation de la consommation liée à la réduction des limites à l'utilisation d'une technologie, ces limites pouvant être monétaires, temporelles, sociales, physiques, liées à l'effort, au danger... ». En d'autres termes, si on arrive par exemple à produire des voitures qui consomment moins, on hésitera moins à faire de plus grands trajets et donc on consommera plus. Cet effet ne se manifeste pas seulement en ce qui concerne la pollution, on le retrouve presque partout dans notre vie quotidienne. Un autre exemple : les temps de trajets ne cessent de diminuer, ainsi il devient courant pour les vacances de partir de plus en plus loin. Ou encore, le recyclage du papier permet de minimiser sa consommation, or comme il est recyclé, on se soucie moins du gaspillage et donc on consomme plus de papier. Pour résumé, chaque avancée technique permettant de réduire la pollution, les frais, le temps passé ou l'énergie dépensée voit son bénéfice réutilisé pour du « plus », « plus vite », « plus loin », « mieux » et au final son impact sur l'environnement ou tout autre chose est modéré voir annulé.
Revenons à la fusion nucléaire. Nous avons dégagé qu'elle pouvait être une très grande source d'énergie à faible pollution et presque sans limites de ressources. Toutefois, en considérant notre avancée actuelle, cette source « infinie » n'est pas pour demain. En effet, pour l'instant le seul réacteur ayant réussi à avoir un rendement supérieur à 1 (c'est à dire qu'il produit plus d'énergie qu'on ne lui en fournit : c'est la base d'un générateur) est un réacteur scientifique japonais, le JT-60. Dans tous les autres essais, il a fallu fournir plus d'énergie pour lancer la fusion que celle-ci a pu créer, donc impossible pour l'instant de générer de l'électricité à partir de cette technique. Le seul projet de prototype en cours est ITER : il s'agit d'un réacteur à fusion dont la construction démarrera en 2007. Or son utilisation sera bien loin d'une production industrielle, elle relèvera surtout de tests. Mais ce projet suscite beaucoup de critiques car de nombreux experts doutent de ses capacités techniques à réussir. D'autres font remarquer que le projet produira énormément de déchets radioactifs à cause des remplacements réguliers de certaines parties du réacteur. Sans remettre en question le bien fondé de la fusion nucléaire comme source d'énergie d'avenir, il apparaît évident que cette technologie ne sera pas exploitable avant quelques décennies.
Enfin, il est important de ne pas oublier une chose : l'énergie transforme, elle ne produit pas de ressources. Alors même si nous avions à notre portée la possibilité de disposer d'énergie à outrance et avec de très faibles impacts sur l'environnement, cela ne résoudrait pas le problème de l'épuisement des ressources. Bien entendu, nos besoins en matières premières fossiles s'en trouveraient considérablement réduits car on s'en sert principalement pour en tirer de l'énergie, mais ce ne sera pas avec de l'électricité qu'on pourrait remplir des assiettes ou créer des vétements et autres objets divers. Nous aurons toujours besoin de ressources naturelles, même si les progrès techniques tentent de limiter le gaspillage et les déchets. On sait qu'aujourd'hui « si l'humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face aux besoins.» (Jacques Chirac au Sommet de la Terre à Johannesburg le 2 septembre 2002)
Il est donc impossible de nier que la production/consommation à outrance des pays riches a un effet sur l'environnement qui ne pourra pas être réglé seulement avec des progrès techniques.
Voici la courbe de Hubbert :
La courbe de Hubbert a été introduite dans les années 1940 pour prévoir la production d'une matière première donnée. Le géophysicien Hubbert ne fut, au départ, pas pris au sérieux lorsqu'il déclara que l'extraction de pétrole sur le sol américain suivrait cette forme et atteindrait son maximum en 1970. Toutefois, le futur lui donna raison lorsqu'en 1971 la production des USA passa par son pic (connu sous le nom de « Pic de Hubbert ») puis déclina.
On sait aujourd'hui que cette courbe est applicable à tous les états du monde, ce que l'on peut voir sur ce graphique :

Prix du baril de pétrole
Il est à noter que certains pays n'ont pas passé leur pic alors que d'autres l'ont ou sont en train de le passer. Cette courbe correspond donc à la superposition de l'extraction de pétrole de tous les pays, ce qui au final donne bien sur la courbe de production de toute la planète.On peut également préciser que cette prévision prend en compte la découverte continuelle de nouveaux puits de pétroles de part le monde, ces derniers devenant toutefois de plus en plus rares et difficiles à exploiter (plus profonds ou situés en pleine mer). Aujourd'hui, estimer la date du pic pétrolier mondial reste difficile et incertain, toutefois les valeurs données par les experts se recoupent : certains annoncent que le pic a été passé aux alentours de 2005 (la surévaluation des pays et des compagnies pétrolières masquant le phénomène), d'autres le prévoient entre 2010 et 2020. On peut toutefois noter que la production de Total a baissé de 8% en 2006, ce qui est compatible avec le fait que nous avons dépassé ou que nous sommes vraiment près du pic.
Extrapolons maintenant l'évolution du prix du pétrole. Jusqu'à maintenant, tel qu'on peut le voir sur le graphique précédent, il a globalement évolué de façon exponentielle,
notamment de 1995 à aujourd'hui. Mais nous nous trouvions alors sur la « pente montante » de la courbe de production de pétrole, que se passera t'il une fois que nous aurons passé
le maximum ? Les prévisions sont diverses, certains affirmants que l'évolution se fera sous forme de « crises », faisant évoluer les prix en escalier, comme pour les choc pétroliers.
Une chose est sur, le pétrole deviendra de plus en plus cher, et on peut en imaginer les conséquences.

Les transports – représentants 50% de son utilisation – seront ralentis, voir bloqués, mais cela ne se limiteraient pas aux voitures. Le trafic aérien et maritime en
souffriraient également, faisant augmenter le prix de nos importations. Ainsi, on peut imaginer l'augmentation du prix des vêtements, des aliments, du materiel technologique etc... Comme on le
voit sur le graphique, les industries et la production d'électricité seraient aussi directement affectés. En résumé : une augmentation généralisée du coût de la vie et on pourrait peut-être même
parler d'une crise économique.
Comme on peut le deviner, cette courbe de Hubbert peut s'appliquer aux ressources fossiles actuellement exploitées. La question devient alors de prévoir quand le pic de production maximale sera atteint, ce qui est plus significatif qu'une estimation des réserves comme celles données en introduction de ce document. En effet, la notion de pic d'extraction fait comprendre le phénomène de rarification et de montée des prix qui peut être liée. Ainsi il pourrait toujours rester du gaz naturel à extraire mais on ne le fera pas car son prix étant devenu trop élevé, son exploitation ne dégagera aucun bénéfice.
D'autre part, il est curieux, mais surtout regrettable, de constater que la courbe de Hubbert peut également s'appliquer à des énergies renouvellables. Par exemple le « pic de pèche » de poissons a été passé en 1994. Et d'après l'étude parue dans la revue Science, 90% de la population de chaque espèce de poisson péchée aura disparue dans 40 ans. Déjà aujourd'hui, 29% des espèces de poissons et crustacés se sont effondrées, et les volumes de pêche ont baissé de 13% depuis 1994.
On peut au final tirer la conclusion suivante : on surexploite les ressources fossiles et pour la plupart l'échéance de leur épuisement se rapproche. De plus, on consomme plus de ressources renouvellables que la Terre peut nous en fournir, ce qui risque également des les épuiser. Or notre société tire en grande partie son énergie des ressources fossiles et tire principalement ses matières premières premières de ressources de moins en moins renouvellables. On comprend donc que notre système de croissance ne peut durer éternellement sur cette planète (on entend par croissance les conséquences de la volonté de croissance économique : l'augmentation constante de la production et de la consommation).
Quelles possibilités s'offrent à nous ? Nous avons vu que nous ne pouvions pas laisser reposer nos espoirs entièrement sur les progrès techniques. En fait, ceux-ci doivent être combinés avec un changement plus significatifs de notre société si l'on veut perdurer : changer nos modes de vies.
L'amélioration constante de la technique nous a offert confort, facilité, sécurité... Ce que nous avons au départ adopté. Puis, au cours du temps, l'homme a commencé à prendre les devant et attendre quelque chose de la science et de la technique : vouloir plus. Et aujourd'hui l'idée du « toujours plus » est ancrée dans notre société, dans notre mode de vie. La réussite, la possession, vouloir posséder les derniers objets technologiques et en attendre toujours plus du progrès sont devenus des valeurs de base. Mais on vient de constater que ce mode de vie pour certains, but et idéal pour d'autres, n'était pas viable sur Terre, il ne peut pas offrir d'avenir à l'humanité.
La question se pose alors : si l'on ne change rien, on sera confronté à une décroissance des ressources de notre planète combinée à une détérioration de la vie sur Terre, ce qui entrainera forcément une récession. Plutôt que de la subir, ne peut-on pas la prévoir, voir même l'éviter ?
Ne pourrait-on pas trouver une « limite » d'équilibre production de la nature/consommation de l'homme et s'y fixer ? Or on l'a vu, cette « limite » équilibre a largement été dépassée par les pays développés du Nord. La solution serait alors de rejoindre cette équilibre en choissisant de décroitre pour tendre vers cette limite. C'est à dire de chercher à diminuer la consommation des hommes en énergies et matières premières. Cela sous-entendrait de chercher à consommer moins, produire moins, des valeurs en complète opposition avec le système actuel. Bien entendu, une fois cet équilibre atteint, la decroissance prendrait fin et l'objectif serait alors de rester à la limite fixée. Pour les pays moins développés, le principe serait de les aider à atteindre un niveau de vie définit par la limite, donc en d'autres termes de les aider à se développer jusqu'à atteindre le niveau que les pays développés viseraient. Cela pousse bien sur le raisonnement un peu loin, et on peut continuer dans ce sens en regardant les nombreuses idées qui pourraient être appliquées pour par la suite maintenir une société stabilisée avec les ressources de la planète, mais cela sort du sujet de ce dossier et relèverait de reflexions à la fois humanistes, philosophiques, scientifiques, économiques et même politiques.
Ce que l'ont peut retenir, c'est que la surconsommation et la pollution rendent l'avenir de l'homme sur Terre incertain. Pour y échapper, ou adoucir les possibles difficultés, l'objectif principal serait de modifier notre train de vie pour le rendre compatible avec ce que notre planète peut nous fournir. Pour cela, consommer moins pour produire moins (à l'opposé du modèle américain : « travailler plus pour gagner plus pour acheter plus »), limiter les gaspillages, choisir ce qui implique le moins de pollution et d'énergie, que ce soit pour les transports, l'achats des aliments et objets. Ceci est un acte nécessaire, à échelle individuelle mais aussi à échelle globale : en informant le grand public et en avançant grâce à la politique. Le choix s'offre donc à nous de choisir entre une décroissance imposée et brutale ou une décroissance maîtrisée et soutenable. En d'autres termes, comme le dit Jean-Baptiste de Foucauld : « Il ne s'agit pas de supprimer voitures et avions. Mais d'organiser la modération avant d'y être contraint. Soit l'évolution sera imposée à nous, soit on l'organisera. ».
Terminons sur la citation du philosophe Kenneth Boulding :
« Celui qui croit qu'une croissance exponentielle peut continuer indéfiniment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. »
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